Le traumatisme correspond à toute expérience d’une situation perçue comme menaçant sa vie ou celle d'autrui,

sur les plans de l’intégrité physique, psychique et du sens de soi.

 

 De nombreux évènements peuvent provoquer des réactions traumatiques, parfois à retardement : des traumatismes vécu in utérin, lors de la naissance, de la perte d'un proche, de maladie, de maltraitance, de violence sexuelle, de chirurgie, d'anesthésie, de catastrophe naturelle, d'accidents, d'immobilisation prolongée…

 

La première étape de la thérapie sera de retrouver un sentiment de sécurité, avant tout, au sein de la relation thérapeutique.

 

Lors d'un traumatisme, quand l'organisme à évalué que ni la fuite, ni l'attaque n'allait lui permettre de survivre, il se produit un figement provoquant une anesthésie physique et psychologique afin de "supporter l'insupportable". Ce figement va se prolonger au delà de la période de danger, entrainant des symptômes psychiques et psychosomatiques.
Peinture de Oswaldo Guayasamín
Peinture de Oswaldo Guayasamín

Le figement consécutif au traumatisme déclenche divers symptômes, sans qu'un lien évident ne soit fait avec l'évènement parfois oublié. Le figement a protégé du stress, mais continue à être actif, d'une manière qui n'est plus nécessaire aujourd'hui.

 

La survenue de ces symptômes permet de s’anesthésier et  de revenir à l’état qui a permis de rester en vie, de défense lors du traumatisme, de différentes manières :

  • Agression des autres ou de soi-même.
  • Prise de risques ou de produits excitants, anesthésiants et dissociants (alcool, cannabis, autres drogues).
  • Trouble alimentaire.
  • Évitement et amnésie des souvenirs traumatiques.
  • Sensations de vide, de froid, de ne pas sentir ou habiter certaines parties de son corps.
  • Panique, peur, perception du monde comme hostile et incontrôlable, auto-dépréciation, perte de l’estime de soi, soumission.
  • Insécurité, hypervigilance, anxiété.
  • Troubles dépressifs.
  • Extinction des réactions avec figement ou perte de connaissance (souris faisant la morte dans les mâchoires d’un chat.).
  • Dissociation : sentiment d’étrangeté, de dépersonnalisation, sensation de ne pas vraiment être là, fuite dans l'imaginaire.
  • Tentative de suicide.
  • Douleurs physiques.

 Le but de la thérapie est de renouer avec le fil de ce que vous étiez avant le traumatisme et de

retrouver votre propre énergie.

 

Peinture de Deb Weiers
Peinture de Deb Weiers

La personne a dû préserver une partie d'elle-même du désastre en se coupant d'elle-même, en faisant disparaître toute une partie de sa sensorialité.

Pour survivre à sa blessure, une partie sensible de la personne doit être oubliée, anesthésiée. Elle n’est plus attentive à ce qu’elle ressent, à son propre désir et besoin et semble assez insensible à la souffrance…

En apparence, puisqu’elle ne sait plus quoi faire avec ses sensations, qu’il faut calmer de toute urgence.


 

Si vous ressentez des symptômes incompréhensibles, il est possible qu'ils soient liés à une évènement traumatique passé, dont vous ne vous souvenez peut-être plus.

La Gestalt-thérapie vous propose de faire de nouvelles expériences, différentes de la peur et de l’impuissance en reprenant délicatement contact avec votre corps. Ce chemin vous permettra de redécouvrir qui vous étiez avant le traumatisme, d'apprendre à vivre avec pour entrer dans la pleine responsabilité de vous-même :  "ce que je décide de faire de ma vie, avec ce qui m'est arrivé."

 

"Le Traumatisme peut être l’enfer sur terre. Le Traumatisme résolu est un cadeau des Dieux. "   Peter Levine

 

Le traumatisme chez l'enfant

 

La thérapie pour les enfants vise "à recoller les morceaux" de la personnalité de l’enfant en identifiant avec lui les causes de son malaise, en déminant la mémoire traumatique et en lui redonnant une place afin que cesse le recours au figement. L’espace psychique de l’enfant sera alors libéré, il retrouvera l’unité et cohérence, il pourra vivre sa vie d’enfant et devenir un adulte gardant le souvenir du traumatisme mais n’en souffrant plus.

Céline Esnaud, gestalt, thérapie, traumatisme, mémoire traumatique, santé sexuelle

Les signes que manifestent les enfants en stress post-traumatique :

 

Chez les enfants de moins de 6 ans :

  • Changement brutal de comportement
  • Anxiété de séparation
  • Troubles de l'alimentation et du sommeil
  • Comportements, jeux, dessins répétitifs et compulsifs reproduisant les violences
  • Comportement régressif
  • Troubles somatiques : douleurs fréquentes au ventre ou à la tête, nausées, vomissements

 

Chez l'enfant de plus de 6 ans :

  • Difficultés scolaires, troubles de l'apprentissage, de la concentration
  • Vie imaginaire très importante, compagnon imaginaire avec qui l'enfant communique
  • Anesthésie affective, sentiment d'étrangeté particulièrement par rapport à son propre corps
  • Troubles de l'alimentation
  • Troubles du sommeil
  • Troubles du comportement : agressivité, mise en danger, opposition, irritabilité, colères
  • Anxiété, dépression, panique, peur, hypervigilance

 

Chez l'adolescent :

  • Difficultés scolaires
  • Difficultés relationnelles, irritabilité, colères
  • Conduites à risques dissociantes : mises en danger, sports extrêmes, jeux dangereux (risque d'accidents très important), auto-mutilations, conduites addictives (tabac, alcool, drogue), fugues, sexualité à risque, violences envers autrui, agressivité, délinquance
  • Troubles dissociatifs avec troubles de la vigilance, vie imaginaire très importante, anesthésie affective, sentiment d'étrangeté notamment par rapport à son propre corps
  • Troubles de l'alimentation (anorexie, boulimie) et du sommeil
  • Troubles anxieux et dépressifs avec des tentatives de suicide